La fermeture des frontières tue !


Nouveau Parti anticapitaliste(NPA)

www.npa2009.org/agir/la-fermeture-des-frontieres-tue


Ce dimanche 19 avril, 700 personnes ont péri en essayant de traverser la Méditerranée. La semaine précédente, le 12 avril, ils étaient 400. Depuis des centaines d'autres sont en danger.

Selon un rapport du Haut Comité des Réfugiés (HCR) plus de 207 000 migrants, dont une part importante de mineurs seuls, ont tenté la traversée de la Méditerranée en 2014. 3419 d'entre eux y ont perdu la vie soit 5 fois plus qu'en 2013..

Cette hécatombe n’est en rien une fatalité.



La politique criminelle de l’Union européenne

L'explosion du nombre de candidats à la traversée résulte de la misère et de la guerre dans les régions de départ, au Moyen-Orient en Afrique subsaharienne de l'Est ou en Afghanistan.

Elle s'explique aussi par l'infamie de la politique européenne. Les États européens prétendent agir pour réduire les naufrages et sauver des vies,mais ne font que verrouiller, avec la politique des visas, l’aide de l’agence Frontex ou du système de surveillance Eurosur, l’accès à leur territoire.


La fin de l’opération «Mare Nostrum», programme de sauvetage italien depuis le naufrage de Lampedusa, et son remplacement par une patrouille européenne qui n’a pas pour mission première de sauver mais de surveiller (l'opération «Triton» placée sous l'égide de l'agence européenne FRONTEX), réduit encore un peu plus la politique européenne à une simple surveillance passive, donc complice. Un laisser-faire criminel. Rien ne pourra empêcher des dizaines de milliers d’êtres humains de fuir les souffrances de la misère et de la guerre dont les grandes puissances portent une lourde responsabilité. Face au désespoir, rien n'est dissuasif.



Liberté de circulation pour toutes et tous

Les gouvernants européens, Hollande en tête, dénoncent les passeurs qualifiés de "terroristes". Mais les migrantEs ne recourraient pas aux services des passeurs au péril de leur vie s’ils pouvaient voyager de façon régulière si les visas ne leur étaient pas refusés, s'ils pouvaient circuler librement.


C'est toute la politique de non-asile qui doit changer radicalement en donnant l'absolue priorité à la protection, à la sécurité, à la santé des migrantEs. Ce qui suppose d'en finir avec Frontex et d'assurer le droit d’asile à celles et ceux qui fuient les guerres, la misère, la répression, les catastrophes climatiques…


Pour le directeur de Frontex "Il faut envoyer un signal à ceux qui ne sont pas des demandeurs d’asile et qui sont des migrants en situation irrégulière". C'est donc bien avec cette politique qu'il faut en finir. Ils l'appellent immigration «choisie», elle est choisie en fonction des intérêts du patronat pour lui fournir un prolétariat au rabais. Le racisme ne servant qu'à légitimer la surexploitation et les discriminations.


La liberté de circulation et d’installation, l'égalité des droits pour toutes et tous dans les différents pays de l’UE c'est le combat que doivent mener ensemble celles et ceux qui sont indignéEs par les drames de la Méditerranée, en rupture avec la logique capitaliste qui met les peuples et les travailleurs en concurrence les uns et les autres pour accroître les profits.

PLUS ON FERME LES FRONTIÈRES, PLUS LES MIGRANTS RESTENT


Entretien - Hélène THIOLLET, politiste

http://le1hebdo.fr/numero/56/plus-on-ferme-les-frontires-plus-les-migrants-restent-938.html


Vous dirigez une étude collégiale qui envisage les conséquences d’une ouverture générale des frontières au niveau mondial. Où en êtes-vous ?

L’étude a commencé en décembre 2013. Le résultat intermédiaire indique qu’il n’y aurait pas d’explosion des flux migratoires parce que, dans un contexte de circulation facile, les individus ont tendance à ne pas s’installer durablement. Ils se fixent dans un pays pour quelques années.


À l’inverse, plus on rend difficile l’accès à un territoire, plus ils s’installent durablement. C’est une évidence très difficile à faire passer auprès des populations européennes : plus on ferme les frontières, plus les migrants ont tendance à rester. Quand on a payé le prix fort pour migrer (économiquement et humainement), on rentabilise. C’est une règle de base des migrations.


L’idée consiste à tester le mythe vertigineux de l’invasion des pays riches par les pauvres. Mais pour émigrer, surtout pour partir loin, il faut du capital, des réseaux, des informations, éventuellement un peu d’éducation. Les plus pauvres, ceux qui n’ont vraiment rien, restent. C’est une vérité sociologique, économique. Bref, toute la misère du monde ne va pas converger chez les riches !